Le Surréalisme dans l'art américain

Contraints de fuir la guerre en Europe, de nombreux surréalistes s'installent aux Etats-Unis dès 1940. Si l'art américain reste jusqu'alors secondaire, ce nouveau souffle donne naissance à la première génération d'artistes américains dont la renommée sera internationale.

Dans les années 1940, nombre d'artistes européens sont contraints de fuir le continent pour échapper à la Seconde Guerre mondiale. Parmi eux, de nombreux surréalistes venus de Marseille comme Max Ernst et André Masson, aidés par le journaliste américain Varian Fry. Ils émigrent aux Etats-Unis où ils fondent un nouveau foyer artistique, sorte de renaissance de leur art plus qu'un abandon. Jusqu'à leur arrivée, l'art américain restait marginal. Mais la venue des surréalistes va donner naissance à ce qui est connu comme la première génération d'artistes américains : les expressionnistes abstraits. Puis l'expressionnisme abstrait laisse lui-même la place à d'autres courants devenus emblématiques de l'art américain comme le pop art, l'art minimal ou l'art conceptuel.

L'exposition présente un nouvel angle de vue sur l'art américain d'après-guerre, sur l'influence qu'a eu le surréalisme sur celui-ci et l'évolution du résultat à travers l'abstraction américaine. Plusieurs figures emblématiques sont représentées telles que Jackson Pollock et son "action painting" mais aussi des artistes passés injustement inaperçus au cours de l'histoire.

Pour prolonger l'exposition

André Masson : De Marseille à l'exil américain

Cet ouvrage, consacré à André Masson, rend hommage au journaliste américain Varian Fry, qui, en 1941 permit à de nombreux artistes et intellectuels de quitter l’Europe et le régime de Vichy pour les Etats-Unis. Sur le chemin de l’exil, André Masson rejoint à Marseille les surréalistes hébergés à la villa Air Bel. Par la suite, en route pour l’Amérique, il retrouve Claude Levi-Strauss, Wifredo Lam et André Breton lors d’une escale de trois semaines à La Martinique. Son exploration de l’île s’avéra être une expérience fondatrice. Antille, titre d’une peinture, d’un dessin et d’un poème, devient alors l’emblème d’une conscience aiguë des forces telluriques du monde, des hommes et de la nature. Arrivé à New Preston, Masson développe une œuvre libre, multiple, qui influencera Pollock et les expressionnistes américains. Surréaliste mais rétif à l’orthodoxie, il investit profondément l’univers mythique de La Martinique et des indiens d’Amérique. Il développe, au-delà de l’écriture automatique, une richesse graphique servie par un éventail de techniques ; encre, crayon, fusain, gouache, pastel ; toutes, lui permettent d’exprimer les forces cosmiques et érotiques d’un monde profondément tragique. Soixante oeuvres, provenant principalement des collections de la famille d’André Masson et du musée Cantini de Marseille sont associées pour montrer toute la richesse de cette période. La séquence commence avec Massacreet s’achève avec La Fable des origines. Nous suivons André Masson dans un exil où la nature devient allégorie de l’affrontement mortel des hommes ; seul, l’homme fait face au monde : quarante-quatre dessins et seize peintures nous le démontrent magistralement.

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